Dépression post-traumatique: prise de médication ( presque obligée)

Début août, j’arrêtais mes antidépresseurs et ma médication pour calmer mon anxiété montante. Après un mois de transition douce (et ce suivie par mon médecin de famille pour ne pas avoir un trop grand choc post-médication), j’avais de nouveau une nouvelle tête libre de produits chimiques.

Il faut clarifier que je n’ai rien contre la médication. Certaines personnes doivent avoir des prescriptions spécifiques pour un moment de leur vie tandis que d’autres en ont besoin toute leur vie. Le suivi médical reste primordial pour les troubles de santé mentale. Pour ma part, c’était la deuxième fois dans ma vie qu’on me prescrivait des antidépresseurs pour m’aider à me réhabiliter (et je n’ai que 31 ans !).

La première fois, lors de mon licenciement du Cirque du Soleil, j’ai réalisé trop tard que je souffrais d’une sévère dépression. Troubles du sommeil, estomac tordu, humeur constamment sur le négatif. Après des suivis au CLSC et une bonne médication, j’avais réussi à m’en sortir assez bien. Restant fragile depuis, je me gardais aux aguets pour ne pas retomber dans ce cercle sans fin d’idées noires et de pensées négatives.

Un an et demi après avoir tant bien que mal tenté de survivre au décès de Marc-Antoine, mes proches ont réalisé que je n’arrivais plus à contrôler mon anxiété, mon angoisse et mon stress. Le pire c’était les idées suicidaires qui ne me lâchaient jamais, nuit et jour j’avais quelques ébauches de plans pour mettre fin au trou dans ma poitrine qui me faisait tant souffrir quand l’angoisse montait. Étonnamment, c’est lorsque j’ai rencontré Andrei et que ma relation semblait s’annoncer stable et sur le long terme que ma bouilloire s’est mise à souffler. Lors de ma première dépression, j’avais eu mon lot de déprime et de manque de motivation. Mais cette fois-ci, l’anxiété m’a littéralement achevée. C’est ce que je trouve, encore à ce jour, le plus difficile à gérer. Tout ce que mon copain faisait ou disait me rendait insécure et la crainte qu’il ne me quitte était présente chaque jour, chaque minute, chaque seconde. Je n’arrivais plus à vivre s’il ne m’appelait pas toutes les demi-heures. Imaginez comment j’étais rendue lourde…

Je veux nuancer la différence entre perdre et quitter. Je n’ai jamais eu peur de le perdre comme j’ai perdu Marc. Mon copain est laveur de vitres en hauteur et son métier reste assez dangereux. Ce n’est pas cela qui me faisait le plus craindre. J’avais en fait peur qu’il me quitte. Qu’il ne me veuille plus dans sa vie et choisisse de me laisser. À mes yeux il y avait une énorme différence.

Après trois mois de fréquentation, mes angoisses, mes crises d’anxiété et surtout mes pensées suicidaires avaient réussi à prendre tout le contrôle sur ma tête. C’est en pleurant et de reculons que je me suis rendue à Gatineau pour aller consulter mon médecin. Je me rappelle ressentir un profond échec de ne pas avoir réussi à m’en sortir seule. J’étais fâchée de devoir recommencer à prendre ces médicaments tellement chimiques. Je savais que pendant les deux premières semaines j’allais avoir des nausées impossibles et qu’une prise de poids inévitable allait aussi survenir. J’ai baissé l’échine et j’ai accepté cette aide.

Un an et demi plus tard, j’étais de nouveau apte à reprendre les rênes. J’ai pris le temps de cesser ma médication l’été au cas ou je ressentirais des sautes d’humeur ou autres choses indésirables pendant une session universitaire (je suis déjà assez sollicitée mentalement à l’école sans avoir à gérer un arrêt de médication). Heureusement tout c’est bien passé et deux mois après être de nouveau sobre, je peux avouer que je ne me suis jamais aussi sentie bien depuis un long moment. L’anxiété revient quelques fois, les pensées négatives aussi, mais j’arrive maintenant à prendre le dessus. Il n’y a que la prise de poids immense (considérant que j’étais très petite) qui me dérange encore. Je reste patiente, ou j’essaie de l’être, et continue de bouger et de réactiver mon corps.

Cette nouvelle tête, libre de produits chimiques, est tellement agréable à retrouver. Il me semble que je réfléchis mieux, que mes argumentations dans mes essais sont mieux ancrées et que je comprends plus facilement ce qu’on m’enseigne. Malgré que je sois si contente d’être de nouveau sobre, je vous supplie tous de ne pas prendre à la légère cette aide qui est primordiale pour plusieurs à certains moments de nos vies. Avez-vous déjà eu à prendre des antidépresseurs ou antianxiété ? Comment c’est passé votre expérience ?

Marjorie

PS: C’est moi qui ai cousu mon bandeau 😉

 

 

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