Acheté avec mes sous

Parfois dans la vie, les coffres se vident et l’on doit recommencer à parcourir les mers pour remplir nos trésors et payer ceux qui nous ont gentiment attendus. Avec ma nouvelle vie qui prenait sa place, étude à temps plein et une jolie maison à m’occuper, j’ai réalisé que j’avais un peu (beaucoup) surestimé ce qui me restait dans mes coffres de pirates.
Pourtant, avant de me sentir en contrôle de mes finances, j’ai eu un moment difficile où je n’arrivais pas à voir la fin. Je me sentais constamment stressée et anxieuse quant à comment j’allais faire pour arriver à joindre les deux bouts. Je comprends un peu mieux pourquoi plusieurs tombent en dépression lorsque le poids des dettes devient trop lourd à porter. Je me rappelle même à un moment m’être demandé si vendre mon corps ne serait pas une bonne idée pour me soulager rapidement du poids que j’avais sur les épaules. Chéri ne t’en fait pas, je n’ai fait qu’y pensé, pourtant, je ne dois pas être la seule à avoir eu une pensée de la sorte en voyant mes finances baisser et moi en perdre le contrôle.
Le monde dans lequel nous vivons nous encourage à consommer constamment et à ne jamais nous contenter de ce que nous avons. Vive le crédit qu’ils disent. Comment se fait-il que je n’arrive pas à trouver le bonheur si je n’ai pas les souliers derniers cris ou le bijou tendance ?
En mai dernier j’ai été engagée à la Maison Lavande et grâce à mon travail acharné dans cette éternelle canicule de juillet, j’ai réussi à repayer mes comptes en souffrance et même mettre de l’argent de côté pour finalement m’acheter cette machine à coudre industrielle dont je rêve depuis des années. Il me reste encore quelques efforts à faire, mais un jour j’aurais ma belle Juki dans l’atelier. J’ai dû me reprendre à deux mains lorsque l’envie me venait de brûler ma paie trop vite, parce que oui l’argent semble tellement sortir plus vite qu’elles n’entrent. Puis, j’ai eu une bonne idée. J’allais me gâter en fin de saison, ce qui veut dire un mois et demi après avoir été embauché. J’ai pris des contrats de confection lors de mes journées de congé et j’ai patiemment payé une facture après l’autre. J’avais mon but en tête qui me motivait à passer plus de 90 % de mes paies dans mes factures impayées.

Pour me récompenser, je me suis procuré un sac à dos de la marque québécoise Lambert qui conçoit des sacs en cuir vegan. Lorsque je suis arrivée au comptoir-caisse pour payer avec mes sous, le sentiment de bonheur qui m’a envahi m’a presque rendu extatique. Je payais comptant et non par crédit comme bien des produits que j’avais dû me procurer depuis des mois.

J’ai envie de revivre l’expérience. Je ne sais pas ce que je me procurerais, mais je suis déterminée à me payer un petit luxe dès que j’aurais remboursé ma deuxième partie de mes comptes en souffrances.

PS: La forme du sac m’a fait craquer, on aurait dit une vieille boîte à chapeau

Marjorie

xox

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