Dépression et anxiété; Après Kate Spade et Anthony Bourdain

Cette semaine deux décès ont retenu mon attention. Tout d’abord, mardi le 5 juin 2018, en me réveillant le matin, j’ai vu un message de mon copain : Kate Spade est morte dans son appartement ! Quoi !? Puis ce matin, en lisant les manchettes en me réveillant, j’apprends qu’une autre personnalité publique, Anthony Bourdain, s’est lui aussi enlevé la vie…

Le mari de Spade a avoué aux journaux qu’elle souffrait de dépression et d’anxiété. Bourdain, quand à lui, c’est enlevé la vie à Paris aujourd’hui. Dans un article de CNN, on apprend que le suicide est un problème grandissant aux États-Unis. Le US Centers for Disease Control and Prevention published a survey Thursday à présenté un taux à la hausse de 25 % à travers le pays, et ce depuis deux décennies. Vingt-cinq états ont vu leur taux de mort par suicide augmenter de plus de 30 %.

Avec les réseaux sociaux qui ont a la fâcheuse tendance à ne montrer que le bon côté de la médaille, nous avons tendance à oublier que la vie normale est faite de petite déprime et d’anxiété tout à fait normale. Selon le niveau de stresseur dans nos vies, nous pouvons bien gérer ces émotions difficiles ou au contraire nous sentir submerger par ce qui semble être le mal le plus vicieux que je connaisse.

Lorsque j’ai vécu ma première dépression à 25 ans, je ne pensais pas que j’arriverais à m’en sortir. Après mon congédiement du Cirque du Soleil, je suis tombée dans une dépression sévère. En fait, j’avais été congédiée parce que mes patrons avaient compris ce dont je souffrais. Je vivais un épuisement professionnel et je ne parvenais pas à trouver ce que j’avais. Un premier médecin, qui ne semblait pas croire à cette maladie, m’a fait passer une batterie de tests pour en arriver à la conclusion que je n’avais rien et qu’il ne comprenait pas pourquoi j’avais l’estomac complètement tordu, des maux de coeur constant et aucune motivation. Pendant plus de trois mois, je me suis battue avec ma tête pour réussir à sortir de mon lit ou même de me lever du divan. Je n’arrivais pas à faire quoi que se soit. Je n’en avais plus la force. Dans mon journal, une semaine après avoir été mise à la porte, j’y ai écrit que je sentais le jugement des autres sur moi. Comme si l’on me jugeait d’avoir perdu mon emploi. Je ne parlais donc pas de ma dépression de peur d’être jugée. On s’entend, ce que j’ai ressenti n’était peut-être pas vrai, mais c’est ce que je voyais dans le regard des gens. Imaginez la pression sur quelqu’un qui est vraiment connu et qui n’arrive plus à tenir le coup…

Ce qui m’a sauvé en 2012, ce fut la danse. C’est la seule chose que j’ai continué de faire, la seule chose qui me tentait vraiment en vie. Je dansais deux à trois fois semaines et seulement cela m’a aidé à me sortir de la maison parce que je savais que Victoria et Sylvain m’attendaient en classe et qu’ils seraient inquiets si je ne me présentais pas. Deux mois plus tard, je commençais à coudre pour une couturière qui avait trop de travail pour elle seule. Je suis restée sous médication pendant un an et lorsque j’ai eu le courage de travailler sur moi seule, sans l’aide de médicament, j’ai cessé la médication (avec l’aide de mon médecin).

J’ai mis tout mon coeur pour rester en santé mentale, parce que pour moi c’était un combat de tous les jours. Je commençais à avoir l’impression d’avoir vaincu mon monstre jusqu’à ce que je vive le plus grand choc de ma vie, le décès de mon mari.

Le suicide, la dépression, l’anxiété sont des vrais maux, de vraies maladies de santé mentale et ce n’est pas une pilule ou une consultation chez le psychologue qui saura nous guérir. Dans notre société qui consomme trop, semble aller trop vite et oublie de valoriser les choses simples de la vie, il n’est pas facile pour tous de suivre le rythme effréné de notre société. Depuis que j’ai ma maison, j’ai trouvé un bonheur immense à jardiner et voir mes fleurs pousser et fleurir. J’aime faire mon changement d’huile et faire la rotation des pneus à l’automne et au printemps. J’aime aller faire du lèche-vitrine, seulement pour voir ce qui est en vogue. J’adore tricoter et coudre. J’aime écouter des vinyles. Toutes ses petites choses sont devenues mes bouées de sauvetage. Comme le ballet en 2012, il est important de savoir ce qu’on aime faire et trouver le temps de le faire. Si j’aime regarder les couchers de soleil, m’acheter des fleurs, dessiner, courir, danser, faire du vélo, il faut prendre le temps et trouver ce temps pour que nous restions sains d’esprit.

La santé mentale c’est pour tous. Que l’on soit une designer reconnue ou un chef cuisinier respecté, nous ne sommes pas à l’abri de ce grand mal qui ravage la société. Parlez s’en ! Parlez à votre ami, parent, confident. La santé mentale n’est pas à discuter que pendant le mois de janvier Bell cause pour la cause!

Je n’ai jamais pensé au suicide lors de ma dépression, ce fut l’an passé lorsque je tentais me retrouver la joie et le goût de vivre que j’ai eu un apperçu du désespoir et du désir de mettre fin à cette torture. Je vous en reparle dans un autre article.

Marjorie

Mise à jour: Le 26 juin Clémentine parle de sa dépression et en est pénalisée

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2 commentaires sur “Dépression et anxiété; Après Kate Spade et Anthony Bourdain

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